Quotas d’étudiants étrangers : une mesure qui pénalise les régions
Les cégeps de Matane et de la Gaspésie-Les Îles estiment que le décret de Québec qui impose un seuil d’étudiants étrangers ne protège pas, comme prévu, les établissements en région ni les programmes en difficulté qui comptent sur cette clientèle pour survivre. Avec ce décret d’une durée d’un an, Québec veut diminuer de 20 % le nombre d'admissions d’étudiants étrangers pour le faire passer à un total de 124 760. Le tiers des étudiants du Cégep de Matane proviennent de l'étranger. Photo : Radio-Canada / Brigitte Dubé Le Cégep de Matane a ainsi appris, comme les autres collèges de la province, que son quota de certificats d’acceptation du Québec sera de seulement 143 entre février 2025 et février 2026. Ce décret constitue une autre claque au visage de la direction, qui devait déjà encaisser une baisse du nombre de demandes d’étudiants étrangers pour le premier tour des inscriptions en vue de l’automne 2024. Cette conséquence découle, selon le directeur général Martin Demers, de On le voit, les demandes d’admission de l’international sont en baisse de 50 % par rapport à l’an dernier, donc c’est très préoccupant. Quant à lui, le Cégep de la Gaspésie et des Îles fait partie des établissements publics qui se retrouvent en tête de lice avec 421 demandes admissibles pour ses DEC et 30 pour ses AEC. Il n’en demeure pas moins que ce collège est totalement en désaccord avec le principe. On avait l’indication qu’avec la loi 74, les cégeps en région allaient être protégés et qu’il n’y aurait pas [de problèmes] avec nos programmes qui accueillent des étudiants étrangers. Yolaine Arseneau est la directrice générale du Cégep de la Gaspésie et des Îles. Photo : Radio-Canada / Martin Toulgoat Le décret exempt tout de même les étudiants qui ont été Avec ces nouveaux quotas, le gouvernement Legault veut entre autres éviter que des établissements d’enseignement deviennent le tremplin de certains étudiants qui tentent ensuite d'obtenir plus facilement le statut de résident canadien. La ministre de l’Enseignement supérieur, Pascal Déry, souhaite serrer la vis pour les attestations d’études collégiales et pour les formations de courte durée qui représentent des voies rapides pour obtenir la résidence permanente. Toutefois, les directions de cégeps en région comme à Matane et en Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine s’expliquent mal comment des établissements privés, par exemple le Collège Ellis, obtiennent près de 8000 certificats d'acceptation du Québec pour leurs diplômes et leurs attestations d’études collégiales. Le directeur général du Cégep de Matane, Martin Demers Photo : Radio-Canada Selon lui, la situation qui a mené à ce décret n’a pas été attisée par les cégeps en région. Si les cégeps de Matane et de la Gaspésie et des Îles assurent qu’ils poursuivront leur recrutement à l’étranger, les directions craignent que ces nouveaux quotas puissent changer les dynamiques de recrutement et, par la bande, écarter certaines clientèles. L'École des pêches et de l'aquaculture du Québec ne fait pas partie des plans du gouvernement caquiste avec aucune autorisation d'étudiants étrangers pour la prochaine année. Photo : Courtoisie / Cégep de la Gaspésie et des Îles Si le quota de plus de 400 admissions ne menace pas la survie de programmes au Cégep de la Gaspésie et des Îles, la direction déplore que le gouvernement n’ait accordé aucun certificat d'acceptation du Québec à l’École des pêches et de l’aquaculture du Québec de Grande-Rivière. Pourtant, le maintien de certains programmes professionnels, comme en mécanique marine et en pêches professionnelles, dépend en grande partie des étudiants étrangers.
l’incohérence des deux paliers de gouvernement
, qui crée de l’incertitude chez les étudiants étrangers.Puisque ce quota sera revu chaque année, eh bien, ça rend l’exercice encore plus difficile
, déplore la directrice générale, Yolaine Arseneau.
admis dans une formation d’appoint prescrite par un ordre professionnel dans le secteur de la santé
.
Il y a cinq collèges privés qui se font octroyer plus de quotas que l’ensemble des 48 cégeps au Québec, donc il y a des questions à se poser entre le traitement des collèges privés et des cégeps qui sont des établissements publics, répartis partout sur le territoire et dont la gestion des étudiants internationaux se fait de façon responsable
, ajoute le directeur général du Cégep de Matane.Ce n’est clairement pas les cégeps qui causaient ce déséquilibre-là et encore moins les cégeps de région, qui sont aux prises [non seulement] avec des problèmes de recrutement pour certains programmes mais aussi avec toutes les difficultés qu’on connaît au niveau de l’emploi
, martèle pour sa part Yolaine Arseneau.Comment et où recruter?
C’est sûr qu’avec la France, il y a plus de prévisibilité. Avec les ententes France-Québec, les étudiants n’ont pas à payer leurs frais de scolarité, mais après, pour tous les autres pays de la Francophonie, là, c’est sûr qu’il y a des difficultés supplémentaires pour ces étudiants-là, notamment les frais de scolarité qu’ils doivent assumer
, conclut la directrice générale du Cégep de la Gaspésie et des Îles.
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